On a tendance à croire qu’il y a une sorte d’équivalence idéologique politique et électorale, entre « écologistes » et « verts ». Les deux mots sont considérés comme pratiquement synonymes, et les médias qui ne s’embarrassent pas de nuances, s’emploient allègrement à les confondre. Et cela malgré la présence de mouvements –certes peu importants- d’« écologistes indépendants », malgré l’irruption d’Europe Ecologie, regroupement plus ouvert, moins sectaire et plus libéral que les verts. Pour les médias cela ne change pas grand-chose, ils continuent à répandre l’idée que tout citoyen, préoccupé par les questions écologiques et soucieux de la protection de l’environnement, doit adhérer aux préjugés, aux thèses, aux injonctions des « verts ». Et voter pour eux.
Or, il est une autre manière de défendre l’environnement, il y a une autre écologie politique, que l’on pourrait appeler « l’écologie bleue ». Cette écologie politique différente, n’est pas représentée par un parti (au nom de quoi d’ailleurs un parti devrait-il s’approprier cette préoccupation universelle ?), mais se retrouve portée et mise en œuvre par le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République.
1- A la différence de l’écologie verte (teintée de rouge), « l’écologie bleue » veut favoriser la croissance qui est la condition du développement et du progrès. La décroissance ou le ralentissement de la croissance voulus par les « verts », serait catastrophique pour le pouvoir d’achat et pour l’emploi - on le voit bien dans cette période de crise - et diminuerait les moyens disponibles pour une politique sociale comme pour une politique écologique. Oui, il peut y avoir une écologie de la croissance, d’autant que les investissements réalisés dans les secteurs de l’énergie, des transports - développement des transports en commun et des transports « propres », sans pénaliser les utilisateurs de voiture individuelle - du logement, participeront à cette croissance et au développement.
2- « L’écologie bleue » est une écologie offensive qui compte sur le progrès et l'innovation pour assurer la protection de l’environnement. Plus que sur la restriction, la privation, sur la limitation culpabilisante de la consommation, l’écologie bleue considère que c’est par des investissements massifs dans la recherche, par les progrès de la science et de la technique que nous protègerons le mieux et de manière la plus durable, notre environnement. Ce n’est pas en adoptant une attitude défensive, en restreignant de manière drastique la consommation d‘énergie, et certainement pas en renonçant au nucléaire – énergie propre, qui assure notre indépendance énergétique - que nous « sauverons » la planète, mais bien en accélérant les efforts de recherche et de mise en oeuvre des énergies renouvelables. Nous ne voulons pas de cette fausse écologie, tournée vers le passé, effrayée par tout changement, opposée au progrès et prônant une utilisation paralysante du principe de précaution.
3- « L’écologie bleue » est une écologie de la liberté et de la responsabilité. Elle respecte, autant qu’il est possible, le libre arbitre des individus et des sociétés. Refusant l’écologie tyrannique et punitive qui est celle du parti « vert », nous ne voulons pas imposer des règles contraignantes ou infliger des contributions et des charges excessives. Nous voulons inciter et non contraindre à une attitude écologique. Les exemples de la taxe carbone (fixée à un niveau raisonnable, et compensée) ou du bonus-malus automobile vont clairement dans ce sens de l’incitation : ceux qui font des efforts et pollueront moins seront gagnants quand seuls ceux qui continueront à polluer paieront davantage. L’écologie ne doit pas être un élément d’une idéologie opposée à l’économie de marché et au dynamisme économique, en emboîtant le pas à l'extrême gauche, mais doit participer au développement nécessaire et peut s’intégrer à la politique de réforme et de modernisation voulue par le gouvernement.
Cette « écologie bleue », dont les principes, qui commencent à se concrétiser dans le cadre du « Grenelle de l’environnement » et se sont étendus à l’Europe lors de la « présidence française », s’affirme comme une écologie pragmatique et de progrès, une écologie efficace, responsable et ambitieuse. C’est celle que défendront les listes d’Union de la majorité lors des prochaines élections régionales et c’est celle qu’elles mettront en œuvre dans les Régions, si les Français leur accordent majoritairement leur soutien.
Marc d’Héré