« L'opposition lilloise, c'est le dernier recours ! »
Christian Decocq a visiblement remis l'opposition lilloise en ordre de marche, direction 2014.
« Les Verts, poussez-vous de là qu'on s'y mette » ! Cela pourrait le credo de l'opposition, emmenée désormais par Christian Decocq. Lequel, de retour aux manettes, est bien décidé à (re) devenir le poil-à-gratter de la politique lilloise. Et la majorité n'a qu'à bien se tenir...
JULIA MÉREAU> julia.mereau@nordeclair.fr
Effacé le style Huyghe. De retour, voici le style Decocq, barbichette en force, et cahier noir en poche. Le leader de l'opposition lilloise a pris une heure, cet été, pour noter à l'encre noire des dossiers lillois sur lesquels il lui faudra, lui et son groupe, monter au créneau. Il cite dans un inventaire à la Prévert : « le tapage nocturne des étudiants de La Catho », « la fac de droit de Moulins qui n'a jamais réussi à redynamiser le quartier », « le Musée des civilisations, où en est-on ? », « l'état de malpropreté du parking de la République », ou encore « y a-t-il une réaffectation possible pour les recettes du Casino ? Et sinon, peut-on à l'amiable en affecter une ? »... En fait, c'est comme si avec Sébastien Huyghe, l'opposition lilloise venait de passer une année blanche et qu'elle ne démarrait son mandat que maintenant. Sans conteste, Christian Decocq is back. Et avec lui l'opposition, n'en déplaise aux Verts. « De toutes les façons, on est plus verts que les Verts », sourit-t-il, en martelant : « l'opposition, c'est le dernier recours aux droits lillois. Nous sommes la médiatrice des droits lillois ! » Passons sa démonstration sur l'histoire de la droite locale qui toujours l'a loupé de peu à Lille, Christian Decocq est d'autant plus en forme que tout lui paraît favorable aujourd'hui. Il a avec lui les forces nécessaires, argumente-t-il : « La Gauche Moderne avec Brigitte Mauroy, la droite gaulliste que je représente, le Nouveau Centre avec Thierry Pauchet, la tradition radicale avec Tokia Saïfi et des personnalités de la société civile comme Pascal Labbé et Dominique Cattelin ». Pour lui, c'est indéniable, c'est la force Sarkozy qui est avec lui, cette fameuse « politique d'ouverture ». « Moi, je vais m'appuyer sur cette richesse, cette nouvelle donne sans précédent dans l'histoire locale ». En bonus, d'ici 2014, il pourrait même bénéficier du contexte : « la réforme institutionnelle en 2014, si elle a lieu, permettra une élection au suffrage direct du conseiller territorial, du conseiller municipal et communautaire ». Rajoutez à cela une adversaire affaiblie : « Martine Aubry sera désignée par son parti pour les Présidentielles après de multiples turpitudes dans lesquelles elle sera elle-même déchirée, pronostique-t-il, Mais elle ira... Mais elle sera battue, et donc affaiblie sur le plan local. Elle paiera alors son mode de gouvernance, - Daubresse l'a dit-, davantage fondé sur le débat politique que sur le consensus ».
Reste plus qu'à. Christian Decocq a visiblement remis l'opposition lilloise en ordre de marche, a fait sa feuille de route, va relancer les Clubs de la Déesse, ira chaque mois faire des visites de quartier, et va créer un nouveau site internet... Oublié Sébastien Huyghe, Christian Decocq is back.
« JE NE ME PLACE PAS SUR LE PLAN DE LA GESTICULATION ! »
« Le style Decocq, c'est les dossiers de fonds, je ne me place pas sur le plan de la gesticulation », tranche l'intéressé sans citer de nom. On l'aura compris, l'année Huyghe est à effacer des compteurs. On repart à zéro, dossiers à l'appui. Une agence de développement économique. C'est une idée force qui lui tient à coeur depuis longtemps : installer à Lille une Agence de développement économique, capable de réunir les décideurs économiques et politiques. « Avec des patrons capables d'injecter de l'emploi dans la ville de façon directe ». Un référendum sur le travail du dimanche. Hors de question qu'à Lille, le travail le dimanche soit rendu impossible parce que Martine Aubry s'y oppose de « façon idéologique ». « Nous allons réclamer un débat en conseil municipal et si elle accepte, j'irai plus loin en demandant un référendum local ! ». Économie verte. Ras-le-bol des symboles des Verts, « nos amis Verts sont des poètes », targue Christian Decocq. « Il faut aller plus loin : aller chercher les partenaires industriels pour faire à grande échelle de l'isolation thermique et du photovoltaïque (depuis 2001, il n'y a que 1150 m² de photovoltaïque, c'est peanuts !) et créer des emplois. » Idem pour la piétonnisation de la Grand'place, l'opposition veut un plan de contournement, des navettes et des parkings îlots. « Les barrières Vauban l'été, ça va bien, ça ne sert à rien. Il n'y a même pas un palmier pour décorer ! » Perso, Christian Decocq avoue qu'il serait même pour un péage urbain... Démocratie locale. Un conseil communal de concertation présidé par le maire, l'opposition n'en veut plus. « Je veux aller le saisir sur des dossiers qui nous tiennent à coeur, et s'il le faut, j'irai directement interpeller Michel Falise sur l'indépendance de cette instance », prévient Christian Decocq. JU.M.