Mercredi 2 septembre 2009
Bockel : l'illusion de La Rochelle


Ce week-end à La Rochelle, le PS a affiché une unité retrouvée. Vous y croyez?

Disons que j'ai du mal à y croire. Martine Aubry a certes pratiqué un exercice de synthèse - que j'ai bien connu quand j'étais au PS - mais j'ai du mal à penser qu'il puisse marquer une unité retrouvée. Dans tout ce qui a été dit cet été par les uns et les autres, on a en effet pu observer des visions stratégiques très différentes. Et connaissant bien les socialistes, je ne crois pas une seconde que tout ceci ait pu disparaître en deux jours à La Rochelle.

 

On a tout de même senti que Martine Aubry avait fixé un cap précis, tant au niveau calendrier que du projet…

Sur le calendrier, je ne le conteste pas, bien que je demande à voir sur quoi cela va déboucher dans les faits. Sur le projet, permettez-moi de vous dire que cela serait une grande première… Non pas que le PS sorte un document qui s'appelle projet, mais qu'il arrive à proposer aux Français une alternative crédible à la politique de réformes que nous menons. Je serais même extrêmement étonné que ce soit le cas.

 

La "régression" du coup de barre à gauche

Tout de même, valider le principe de primaires ouvertes ou organiser la consultation des militants au sujet de nouvelles règles au PS, c'est bien un signe d'ouverture du parti?

Je le dis sans esprit polémique, mais à La Rochelle, on a quand-même vu Mme Duflot (secrétaire nationale des Verts, ndlr) venir faire la leçon aux socialistes (lire: Duflot en toute franchise). Quant à Martine Aubry, si son discours de vendredi donnait certains gages d'ouverture à ses partenaires, celui de dimanche a absolument tout refermé, tout reverrouillé. On a assisté au retour de la rhétorique classique du Parti socialiste, quand elle a par exemple expliqué que le projet socialiste devait précéder la question des alliances.

 

En somme, vous semblez ne pas beaucoup croire à une possible alliance entre le PS et Europe Ecologie…

Je connais trop bien les différences à la fois idéologiques mais également de projet qui existent entre socialistes et écologistes. Regardez la cacophonie actuelle sur la taxe carbone par exemple. Je suis donc très sceptique sur leur capacité à trouver un terrain d'entente sur les bases d'un projet de gouvernement de la France. Le rapprochement de ce week-end n'était qu'un effet d'optique. Un bel effet certes, mais quand on creuse un peu, on se rend vite compte que cela ne marchera jamais. J'ai trop d'expérience de tout cela pour y croire, j'ai traversé trop de déceptions au sein du PS pour être séduit par ce que je considère être une illusion.

 

Dans son discours de clôture, Martine Aubry a mis la barre à gauche (lire: Aubry redonne espoir au PS). Certaines de ses propositions vous ont-elles séduit?

Pas du tout. Là encore, je connais trop bien cette tactique du "coup de barre à gauche" qui vise seulement à rassembler, même pas les adhérents socialistes, mais seulement les militants qui s'étaient déplacés à La Rochelle. Sur le moment, ça marche à tous les coups, mais la potion est amère et les lendemains sont toujours des lendemains de gueule de bois. Alors que l'on sait que le PS est divisé, cette tactique procède même de la régression, au sens psychologique du terme.

 

"Personne n'a à se renier"

Que voulez-vous dire par là?

Je veux dire que derrière tout cela, où se trouve le projet? Il faut être clair, et le passé l'a bien prouvé: soit ce coup de barre à gauche ne permet pas de gagner, soit il ne permet pas d'agir, comme on l'a vu avec les contradictions de l'époque Jospin, où l'on a fait des bêtises - comme les 35 heures - dans le seul et unique but d'envoyer un signe à son électorat. Dans les deux cas, cela conduit à une impasse. Malgré une légère euphorie sur le moment, cela ne se termine jamais bien…

 

Vous êtes sévère avec la gauche et le PS, mais de votre côté, au sein de la majorité, vous devez désormais composer avec le MPF de Philippe de Villiers. Regrettez-vous toujours cette ouverture à droite?

Je n'ai jamais eu d'opposition de principe à cette ouverture. Lorsque je me suis exprimé sur ce sujet à la mi-août, je n'ai pas fait de sectarisme, mais j'ai seulement dit que la Gauche moderne ne pouvait pas simplement se retrouver avec le MPF sur la seule idée que nous avions un adversaire commun. Or, en fin de semaine dernière, j'ai enfin pu avoir une conversation téléphonique avec Philippe de Villiers et j'ai pu être rassuré sur le fait que nous avions des éléments de projet à partager. Ceux-ci restent encore à discuter et à approfondir, mais, autant on peut garder des points de désaccord – personne n'a à se renier -, autant, dans la perspective des élections régionales et d'autres scrutins, nous pensons pouvoir les dépasser pour construire la plate-forme commune de l'ensemble de la majorité. Je n'oublie d'ailleurs pas que c'est de Villiers qui a fait la démarche de nous rejoindre, et pas le contraire. Il n'y a donc pas lieu d'être inquiet sur l'axe de la majorité. Sur ce point, j'ai acquis la certitude que le terrain avait été bien déminé.

 

Nicolas Moscovici - leJDD.fr

Mardi 01 Septembre 2009


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Vendredi 24 juillet 2009

La Gauche Moderne est le prolongement  d’un club politique nommé « Gauche Moderne »   fondé en 1999 par Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, à l’époque député socialiste du Haut-Rhin et aujourd’hui secrétaire d’Etat à la justice.

Autour de lui, quelques amis pour la plupart aussi membres du parti socialiste, proches de Michel Rocard, de Dominique Strauss-Kahn, voire de Laurent  Fabius, qui n’en étant qu’au début de ses contorsions idéologiques, et de ses postures multiples, s’affichait encore comme moderne. Ce club, seul à gauche, revendiquait l’étiquette, souvent considérée comme un oxymore,  de « social-libéral »,  exprimant des valeurs comme la responsabilité et la solidarité, affirmant la complémentarité nécessaire entre droits et devoirs, entre concurrence et régulation, entre marché et rôle de l’Etat, un Etat qui devait être impérativement allégé et modernisé, sans perdre pour autant sa capacité à fixer les objectifs, à montrer la voie, à s’affirmer comme le garant du progrès et de la justice . Sur ces thèmes, il   organisa des débats publics, publia des articles et des textes fondamentaux, élabora des  projets, engagea des relations suivies avec des clubs sociaux libéraux européens, notamment blairistes comme ‘Policy Network », et s’installa, modestement mais visiblement dans le paysage intellectuel et politique Français. La gauche moderne passait d’un concept un peu vague à une « marque » bien identifiée, au moins par les spécialistes, et représentée par celui que beaucoup appelaient alors le « Tony Blair français », Jean-Marie Bockel.  Sans être faux, c’était bien sûr exagéré, mais  si  flatteur !  S’investissant aussi dans la vie du parti socialiste, dont il représentait un  courant, abusivement traité de droitier,  « Gauche Moderne » fut à l’origine de contributions soumises au débat à l’intérieur du parti et présenta une motion intitulée « pour un socialisme libéral » au congrès du Mans en novembre 2005. Motion dont le  score fût modeste – moins de 1% - mais qui avait été remarquée à l’époque et signalée, notamment par Max Gallo, comme la plus charpentée, la plus cohérente et la plus nouvelle des motions présentées.

En tous cas ce score montrait qu’il était inutile de continuer à tenter de rénover le parti socialiste ou  d’en modifier la trajectoire. Dès cette époque il était clair que ni la rénovation de la gauche, ni l’action pour la réforme  ne pouvaient venir du Parti socialiste. C’est ailleurs qu’il fallait agir.   Certains d’entre nous le quitteront dès la fin 2005,  d’autres plus tardivement, pendant la campagne présidentielle de  Nicolas Sarkozy ou après son élection.  En tous cas, pour  tous, cette élection représenta un moment décisif de la vie politique, le moment où les lignes pouvaient bouger, où les anciennes frontières pouvaient éclater, où des choix nouveaux et des chances nouvelles s’offraient. Cette élection, si l’on accordait foi à la campagne menée, pouvait représenter une chance de débloquer notre pays et d’ouvrir la voie du changement.L’essentiel des membres du club « Gauche Moderne », approuvèrent le choix de Jean-Marie Bockel d’entrer dans le gouvernement de François Fillon, et   l’accompagnèrent, sans réserves, dans sa démarche en faveur d’une politique de réforme et de modernisation de la France.  Avec d’autres, venus d’horizons différents, du centre aux chevènementistes,  mais faisant une analyse comparable, et décidés eux aussi à rompre avec le passéisme et le dogmatisme qui avaient pu tenailler leurs propres organisations, avec des militants associatifs, avec des acteurs économiques et sociaux,  ils décidèrent de créer un parti politique cette fois-ci,  «  La Gauche Moderne ».

Parmi les ministres de gauche nommés par Nicolas Sarkozy, seuls Eric Besson et Jean-Marie Bockel (exclu pour cette raison du parti où il avait milité pendant plus de 30 ans) ont choisi de créer un mouvement politique. Mais alors qu’Eric Besson, après avoir hésité, choisissait (avant d’adhérer, à la surprise de beaucoup, à l’UMP !) de limiter « les Progressistes » à un club se manifestant essentiellement par des conférences ou des débats -  souvent de qualité -  Jean-Marie Bockel transformait  son  club en un véritable parti politique,  avec congrès fondateur, motion d’orientation soumise au vote des militants, élection des organes dirigeants, organisation structurée en région et dans la plupart des départements, interventions sur tous les sujets politiques d’actualité, commissions qui travaillent –et publient- sur des sujets comme l’éducation, la sécurité, l’économie,  présentation de candidats aux élections. Un site national (http://www.lagauchemoderne.org)  et plus de 10 sites de fédérations relaient les activités et les positions de La Gauche Moderne et permettent un contact avec militants et sympathisants. Ce parti, qui représente le pilier de gauche de la majorité présidentielle (aux côtés des deux autres piliers que sont  l’UMP pour la droite et le Nouveau Centre), pilier nécessaire à sa victoire et donc à la poursuite de sa politique de réforme, a commencé à se manifester publiquement dès novembre 2007, et  a été officiellement fondé lors du  Congrès tenu à Suresnes les 29 et 30 novembre 2008. A ce jour, avec un ministre, un sénateur (Daniel Marsin), deux députés européens (Marielle Gallo et Michèle Striffler), une centaine d’élus municipaux (bientôt des dizaines d’élus régionaux),  1.300 militants regroupés en plus de soixante  fédérations, et de nombreux sympathisants, ce jeune parti commence à compter dans la vie politique de notre pays.

 

 

Marc d'Héré

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Vendredi 17 juillet 2009

La libération de l’individu, son émancipation, ont fondé les premiers combats des socialistes et, plus largement, ceux  de la gauche. Aujourd’hui encore c’est sa liberté, condition de sa dignité, de son autonomie et de son épanouissement qui demeure notre objectif prioritaire. Liberté que nous reconnaissons sous tous ses aspects, dans tous ses prolongements et que nous voulons complète et concrète.

 

Oui, la liberté entraîne la concurrence, qui peut être la meilleure ou la pire des choses. La pire quand, non régulée, elle contrarie les démarches de solidarité et permet au plus fort d’imposer sa loi. Mais elle est la meilleure aussi car nécessaire au dynamisme de nos sociétés, tandis que son absence conduit à une société figée, dans laquelle il est impossible de remettre en cause les situations dominantes. Au lieu, comme le souhaite le plus souvent la gauche traditionnelle, de renoncer aux avantages de la concurrence pour éviter les risques qu’elle induit, nous voulons en permettre l’exercice dans des conditions qui la font aller de pair avec la justice. La liberté ne peut se concevoir sans règles et les lois destinées à assurer la libre concurrence, comme sa loyauté, sont des exigences qui permettent à la liberté de fonctionner de manière efficace et équitable.
 

Il existe aujourd’hui un fort besoin de sécurité que la liberté peut sembler menacer. Tout en sachant que le risque est inhérent à notre société, à nous de comprendre de quoi est fait ce besoin de sécurité et de chercher à y répondre sans abandonner le recours à la liberté. Parce que toute action présente un risque, toute initiative un danger d’échec, certains auront tendance à sacrifier liberté et initiatives au profit d’une prudence conduisant à l’immobilisme et au repli sur soi. Alors on encadrera toutes les activités, quitte à les étouffer, on regardera avec méfiance les entrepreneurs, on favorisera des emplois publics à vie, on interdira les OGM, on refusera tout changement. Pour nous, la sécurité ne doit pas limiter la liberté mais en être une condition, être moins un bouclier qu’un filet de sécurité qui rattrape en cas de chute, qui garantit en cas d’échec et qui pousse à l’action puisqu’elle peut corriger certaines conséquences néfastes engendrées par la liberté. Le « principe de précaution » ne doit pas être un prétexte pour renoncer à regarder vers l’avenir et à agir.  Nous voulons, en conciliant le désir de liberté et le besoin de sécurité, dans un monde en constante évolution, encourager l’initiative au lieu de la freiner. Et cela d’autant plus que nous avons la certitude qu’un grand projet collectif ne peut se bâtir sans l’autonomie des acteurs, sans leur capacité d’initiative source de dynamisme, leur concurrence source d’efficacité et leur libre collaboration condition de la solidarité. Auxiliaire de la liberté, la sécurité permet l’exercice complet de la responsabilité, elle en est une des conditions. Permettre à chacun d’être libre, c’est lui permettre d’exprimer son potentiel, d’influer sur son destin, d‘entreprendre. C’est la possibilité d’agir dans et sur une société qui doit lui en donner la faculté et les moyens concrets. Notre conception de la liberté ne se résume pas à une liberté de droits, mais c’est celle d’une liberté concrète. Ce n’est pas celle du « laisser faire » c’est celle du « pouvoir faire ». C’est la liberté réelle donnée à chacun d’exercer sa responsabilité.

La liberté et la responsabilité sont le moteur de l’action, et favoriser la mise en œuvre de la responsabilité permet de donner à la société vitalité et dynamisme. Une société où personne n’est incité à assumer ses responsabilités ne peut progresser. Ce n’est pas en enserrant l’individu dans des réglementations et des prescriptions, en l’assistant ou en le protégeant du réel en toutes circonstances que l’on favorisera le dynamisme social et le progrès, pas davantage le lien social ou la solidarité, mais bien en développant son autonomie et ses capacités d’initiative, en lui donnant l’ambition et les moyens d’agir.

Il est vain d’opposer l’exigence de liberté à celle d’égalité. Donner toute sa place à la liberté, interdit d’en refuser l’exercice à d’autres. Vouloir la liberté, c’est la vouloir pour tous, ce qui passe par la recherche de l’égalité ou mieux, de l’équité.

Certes, l’égalité de situation est impossible et n’est pas souhaitable.  Cette constatation ne contredit pas notre volonté de voir se réduire les inégalités, car autant une société de « l’égalité parfaite » serait une société immobile et déjà « morte », autant les inégalités excessives déchirent les sociétés et peuvent les faire mourir. Nous refusons la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes, celles s’appuyant sur une origine sociale ou ethnique, celles liées à une orientation sexuelle ou une façon de vivre sa vie privée, celles encore résultant d’une situation privilégiée prédéterminée. Nous refusons les inégalités héritées. Nous refusons l’idée d’inégalités dont on ne pourrait pas sortir. L’égalité à laquelle nous aspirons, au-delà de l’égalité de droits, est l’égalité des chances, c’est la possibilité, quelle que soit son origine, sa situation, son handicap éventuel, de s’insérer dans la vie sociale ou professionnelle, d’accéder aux biens collectifs - éducation, culture, emploi, santé - et de pouvoir en tirer un même profit. C’est l’égalité dans les opportunités offertes à chacun d’utiliser au mieux sa capacité d’autonomie, ses talents et sa volonté.

De même que notre conception d’une   liberté pour agir  dépasse la liberté formelle, notre conception de l’égalité nous sépare de l’égalité globale et de principe qui anime nombre de politiques sociales traditionnelles. Est-ce l’égalité que de vouloir la même école et les mêmes moyens pour tous, alors que l’on sait que les possesseurs d’un patrimoine culturel et vivant dans un environnement privilégié seront ainsi avantagés ? Est-ce égalitaire de laisser chaque individu dans la même situation face à l’emploi quand un jeune d’origine immigrée a trois fois moins de chances d’être embauché qu’un Français « de souche » ? Est-ce égalitaire d’attribuer, pour aider à élever leurs enfants, davantage aux familles aisées qu’aux familles défavorisées, avec des allocations familiales également réparties, ajoutées à un quotient familial qui avantage les plus hauts revenus? N’est-il pas plus conforme au désir d’égalité, de construire des dispositifs qui permettent la diversité, qui aident vraiment certains individus à combler leur retard ? L’égalité formelle – facilement baptisée républicaine – pensée à travers le prisme de l’uniformité, est en elle même porteuse d’inégalités et vouloir traiter de la même manière des situations différentes est porteur d’injustice. On ne peut poser le principe d’égalité en faisant comme si il n’y avait pas de différences au départ entre les individus, et que tous, passant dans le même moule, devaient en retirer le même profit. Quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de prolonger cette inégalité, alors qu’une forme d’inégalité compensatrice peut l’atténuer. Il faut donner plus à ceux qui partent avec moins si l’on veut que tous aient des chances comparables de réussite et d’épanouissement. C’est le moyen de lutter contre l’exclusion sociale. C’est aussi la juste signification de la solidarité et la condition réelle de sa mise en oeuvre.

Notre vision est celle d’un humanisme qui, refusant les discriminations de toutes sortes et faisant appel à la responsabilité de chacun, exprime une confiance dans l’Homme et dans la société. Elle ouvre un large champ d’autonomie et d’épanouissement personnel, d’initiatives sociales et d’actions solidaires. Elle se traduit dans un projet politique adapté à la société complexe d’aujourd’hui, ouvert aux initiatives, favorisant la cohésion sociale, plus soucieux d’incitation que de volonté dirigiste. Une politique, et une méthode, réformistes, que nous voulons mettrons en œuvre en sachant que toute réforme, même attendue, ne sera tolérée que si elle est débattue, mise en perspective, suffisamment expliquée pour en faire comprendre l’utilité, et si les efforts demandés apparaissent justement répartis. Notre société a besoin de la réforme mais elle ressent d’abord le besoin de la justice.

L’acceptation des efforts qui accompagnent toute transformation, l’énergie nécessaire à la construction de l’avenir ne seront possibles que si un projet est proposé, une voie indiquée, un débat ouvert pour la choisir, des moyens fournis pour s’y engager. C’est ainsi que pourra se bâtir cette société, libérale et solidaire, rendant chacun conscient de ce que peut lui apporter l’avenir et, en conséquence, désireux et capable de devenir l’acteur responsable du changement. Une société de justice, de droits et de devoirs partagés, dans laquelle les destins ne se construisent plus de manière irréversible, mais où chacun d’où qu’il vienne, quels que soient son parcours et ses choix puisse se dire qu’il a sa chance, sa chance de réussir sa vie professionnelle et sociale, sa chance de vivre pleinement sa vie d’homme ou de femme.

Chacun doit retrouver confiance en l’avenir, avoir le sentiment que la société le reconnaît, pourra valoriser son travail, récompenser ses efforts et ses talents, et si l’échec survenait, lui apporter son secours pour une nouvelle chance. C’est la condition de l’amélioration du sort de chacun, tout autant que celle du dynamisme social et du progrès collectif. C’est vouloir, à la fois, l’expression des libertés et l’exigence de justice.

Cette vision sera un objectif mais aussi un moteur car c’est pour s’en approcher que chacun trouvera la volonté de s’engager. La Gauche Moderne a l’ambition de contribuer à donner forme à cette société dynamique et solidaire, capable de retrouver à la fois une espérance et une volonté d’agir, un but et des moyens d’y parvenir. Une liberté et une responsabilité.

 

Marc d'Héré - Membre du Bureau Politique National LGM


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Vendredi 17 juillet 2009



Brigitte MAUROY

Conseillère municipale de Lille

Responsable régionale de La Gauche Moderne

Vous invite à un café politique, organisé par :

Eric FUSILLIER, Jean-Marie RIVART,

Eric DAMIEN

Il se déroulera :

Le  Jeudi 06 août 2009

De 19h30 à 21h30

A la Brasserie de la République

117/119, Boulevard de la Liberté (Angle Bvd – rue Jean Sans Peur)

 

Thème : Quelle politique à Lille pour la Culture ?

Etat des lieux

Les Arts Graphiques

La Musique et l’Image

Les Galeries.

 

Venez nombreux …

Brigitte Mauroy

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Jeudi 9 juillet 2009

Immédiatement après la défaite subie lors de  l’élection présidentielle de 2007, les socialistes avaient appelé à la refondation de leur parti et annoncé leur volonté de reconstruire un puissant parti d’opposition, réuni et rénové, doté d’un vrai projet de gauche.  Deux années ont passé et non seulement le parti socialiste n’a pas avancé sur cette voie, mais il s’est même encore enfoncé.

 

Beaucoup de responsables du parti socialiste  se sont éloignés, souvent  pour rejoindre la majorité présidentielle, ou  lui apporter son aide dans la courageuse politique de réforme qu’elle mène sous l’impulsion du Président de la République. C’est le cas aussi de nombre de ses militants,  qui s’éloignent, collectivement comme ceux qui ont fondé le Parti de Gauche avec Mélenchon, ou individuellement comme ceux qui se contentent, déçus, écoeurés, de ne plus se manifester. Se sont éloignés aussi ses  sympathisants et ses électeurs, comme l’a montrée la récente élection européenne, au cours de laquelle les socialistes sont passés de 30 à 16% des voix !

 

 Cet affaiblissement, ce rétrécissement,  n’ont pas atténué les divisions au sein d’un parti en miettes, plus déchiré que jamais entre les ambitions contradictoires et implacables d’Aubry, Royal, Delanoë, Hollande, Fabius, Hamon, Valls ou  Moscovici, pour ne citer que celles qui s’expriment le plus ouvertement. Aucune  coopération ne peut s’y exercer. Chacun n’agit que pour son intérêt personnel, dans le but d’être le mieux placé pour 2012 et cherche donc essentiellement à neutraliser et à contrer tous les autres. Aucun leader incontesté ne peut se dégager et se faire accepter dans le parti, d’autant moins qu’aucun d’entre eux, n’a l’envergure ou le talent de s’imposer sur la scène nationale.

 

Quand à la « rénovation » et au « projet » ! C’est le troisième échec du parti, le plus grave certainement et qui, pour une grande part, conditionne les deux autres.

Depuis 2007, aucun début de rénovation n’est intervenu, ni dans les méthodes ni dans les propositions. Et cela ne changera pas. Les socialistes n’ont aucune possibilité d’élaborer un projet novateur et réaliste. A cause de leurs divisions bien sûr mais surtout parce qu’ils sont pris dans un  piège dont ils ne sortiront pas. Il n’y a pas place, face à la politique menée par Nicolas Sarkozy, pour un autre projet fondamentalement différent et pouvant alimenter une opposition de  type «  gouvernemental ».

 

Parti de gouvernement (ou du moins se considérant encore comme tel),  le parti socialiste, ne peut, malgré son envie, adopter les positions de l’extrême gauche, ou se contenter des éructations populistes d’un Bayrou. Il  est dans l’obligation pour être crédible, de présenter des propositions,  un projet qui apparaisse cohérent, novateur et  applicable. Or il n’y en n’a pas d’autre que celui de Sarkozy et de la majorité, ou du moins pas d’autre qui puisse apparaître comme une véritable alternative.

 

S’il confirme son abandon d’un projet « révolutionnaire », le PS doit se résoudre à accompagner la réponse de Sarkozy à la crise,  à approuver ses principales réformes,  à adopter ses grandes orientations. Son opposition ne pouvant alors se  manifester que par une éventuelle contestation de l’ampleur, des modalités, du rythme des réformes,  par un désaccord éventuel sur les  méthodes  et par quelques autres propositions marginales. Il n’y a pas d’autre voie sérieuse. Mais cela exigerait que, comme ailleurs en Europe, le Parti socialiste fasse le choix d’une opposition moins « théologique », moins brutale, moins frontale que celle qu’il adopte et à laquelle il ne veut manifestement  pas renoncer. D’ailleurs, s’il le faisait, il perdrait immédiatement ses alliés de la gauche radicale dont il a un impératif besoin au second tour, pour avoir une chance d’être élu. Seule la voie de l’archaïsme, et du  conservatisme flou paraît s’ouvrir devant  lui, mais elle est sans issue.

 

Alors, pour lui point de salut. Il ne sortira pas du piège.   Avec quelques hauts et beaucoup de bas, son  déclin, inéluctable et sans doute plus rapide qu’on ne pouvait le penser il y a deux ans,  se poursuivra. Il se transformera en une petite SFIO, en attendant qu’un vrai parti de gauche,  réaliste,  responsable et rassembleur vienne (en partie avec certains de ses membres actuels) le remplacer. C’est l’objectif de   La Gauche Moderne.

 

Marc d’Héré

Mercredi 8 juillet 2009


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